Programme gouvernemental 2009-2014

Les extraits concernant la réforme du lycée

En août 2009, le Gouvernement s’est donné entre autres comme ambition pour la législature en cours de réformer l’enseignement secondaire et secondaire technique. Ci-dessous les extraits du programme gouvernemental concernant la réforme du lycée.

L’éducation est un enjeu décisif de l’avenir du pays. Il s’agit de qualifier au plus haut niveau possible les résidents afin de faire face aux besoins d’une économie qui se veut compétitive et qui a besoin de toujours plus de qualification. En même temps il s’agit de développer les compétences qui permettent à chacun de participer aux débats d’une société démocratique et d’exercer ses droits de citoyen.

Certes, l’école ne peut pas résoudre tous les problèmes d’une société, mais elle est un élément clé pour répondre aux défis de l’adaptation nécessaire d’un pays aux changements d’ordre socio-économique, technologique, culturel et démographique.

Il faut un engagement sans faille pour une école de la réussite avec l’objectif d’amener le plus grand nombre à un diplôme de niveau bac ou équivalent et 50 % d’une cohorte à un diplôme de bac plus pour répondre aux exigences du marché du travail. Parallèlement, il faut endiguer l’échec scolaire et réduire le nombre de décrocheurs qui quittent l’école sans avoir obtenu de qualification.

Pour atteindre ces objectifs, les réformes engagées seront poursuivies et développées. Les offres de formation tout au long de la vie seront étendues et ancrées dans un concept de Life Long Learning.

La formation initiale doit être conçue comme le point de départ de la formation tout au long de la vie. Face au développement technologique et à la multiplication des savoirs, il faut définir les compétences qui permettent aux jeunes de s’engager avec succès dans un projet de vie.

Compétences

Il n’y a pas de compétences sans savoirs : les programmes seront fixés de manière à favoriser le travail interdisciplinaire. En effet, outre des compétences en langues, mathématiques, sciences naturelles, sciences humaines, les élèves doivent maîtriser les nouvelles technologies. Ils doivent être initiés à l’éducation au développement durable, à l’éducation aux médias, ils doivent être encouragés à la créativité, à développer une sensibilité aux arts, ils doivent être préparés au monde du travail, connaître la variété des métiers. Ils doivent recevoir une éducation citoyenne, une éducation à une vie saine et à la santé. Il est évident que tous ces objectifs ne peuvent être poursuivis que dans une approche commune de toutes les disciplines et la conjugaison de tous dans un but commun.

L’école s’ouvrira : les intervenants du monde politique, social, économique et culturel seront les bienvenus à l’école pour informer et s’échanger avec les communautés scolaires. Cet échange devra toujours être préparé et encadré afin de garantir que la neutralité et l’objectivité des informations soient garanties. Les élèves et les enseignants sortiront également de l’école pour mieux connaître le monde économique, social et culturel. Le parcours scolaire des élèves devra être organisé de façon que chaque élève ait eu des contacts avec le monde du travail et qu’il ait fait connaissance avec plusieurs institutions culturelles.
Les écoles et lycées sont encouragés à conclure des accords de partenariat avec des établissements scolaires de la Grande Région.

Enseignement des langues

Le multilinguisme est un atout pour les habitants du pays. Il faut le préserver, tout en veillant à ce que l’enseignement multilingue ne constitue pas un obstacle infranchissable pour un grand nombre d’élèves d’accéder à une qualification. Voilà pourquoi l’enseignement des langues est aménagé de manière à donner à tous les élèves de l’école luxembourgeoise des compétences dans les trois langues du pays, de permettre l’apprentissage de l’anglais au plus grand nombre et de valoriser les langues maternelles autres que les langues de l’école.

Il est illusoire de prétendre que les élèves de l’école luxembourgeoise ont des compétences identiques dans les langues. Des niveaux de compétence langagière seront définis pour les différentes filières. Pour les formations secondaires qui donnent accès aux études supérieures, il sera exigé, en plus de compétences dans toutes les langues de l’école, une bonne maîtrise (niveau C du Cadre européen de référence) dans au moins une langue, qui sera celle dans laquelle seront poursuivies des études. (…)

Langue luxembourgeoise

(…) A l’enseignement secondaire, une option « langue et culture luxembourgeoise » sera proposée aux élèves de la division supérieure. Cette première expérience sera mise en place et évaluée. (…)

Enseignement secondaire

Le passage du secondaire technique vers le secondaire classique, qui est rare dans tous les lycées, se fait plus fréquemment dans les lycées dits mixtes. Voilà pourquoi tous les lycées secondaires qui accueillent des classes du cycle inférieur classique, créeront également des classes du régime technique. Il sera veillé à doter de manière équivalente tous les lycées en ressources techniques, administratives et d’encadrement.

Les réformes initiées à l’école fondamentale devront trouver leur prolongement au cycle inférieur du secondaire. L’expérience du projet pilote PROCI (projet pilote cycle inférieur) et du « Neie Lycée » permet d’identifier les mesures qui doivent être généralisées. Ainsi, dans le souci de  faciliter leur adaptation à un entourage différent, les élèves des classes de VIIe seront mieux encadrés. Des équipes restreintes d’enseignants les accompagneront, un tutorat sera institué. Pour permettre aux élèves d’acquérir les socles de compétences, les apprentissages seront organisés en cycles.

La loi sur l’enseignement technique, tronquée depuis le vote de la loi sur la formation professionnelle, sera remaniée. Dans ce cadre il y a lieu de modifier la dénomination des différentes filières de formation. Le régime préparatoire sera organisé comme une voie pédagogique du cycle inférieur. Des mesures spécifiques seront mises en place pour éviter le redoublement, soit, au cas où le redoublement s’avère indispensable, pour assurer que les élèves progressent sans tourner en rond.

Les principes de l’apprentissage par compétence et de l’autonomie des apprenants devront trouver leur répercussion dans les programmes et les méthodes de la division supérieure.

L’organisation en trimestres pourra être remplacée par une organisation en semestres.

Il s’avère qu’une spécialisation poussée au niveau du cycle supérieur ne constitue pas la meilleure préparation des élèves aux études supérieures. L’organisation des classes supérieures sera donc repensée afin de mieux préparer les élèves aux études supérieures.

La nouvelle organisation devra initier les élèves au travail de recherche, de documentation et de synthèse à réaliser en autonomie, leur permettre des parcours individualisés, en fixant pour tous un tronc commun des compétences indispensables à la fin de l’enseignement secondaire et en leur offrant des branches optionnelles, voire un enseignement de différentes disciplines à niveau standard ou à niveau avancé. Cette organisation, qui sera du moins en partie modulaire, permettra une  spécialisation modérée, sans pour autant hypothéquer l’orientation future des études.

Les compétences attendues aux différents niveaux de scolarité sont fixées par les  règlements ; les diplômes certifient les niveaux atteints à la fin du parcours scolaire. Le supplément au diplôme de fin d’études renseignera  sur les niveaux de compétence en langues atteints individuellement.
Ce type de certification doit renseigner sur les acquis de l’élève et s’inscrire dans une perspective de formation permanente, chacun ayant le droit de continuer sa formation sur base des certifications antérieures. (…)

Travail enseignant

Il appartient aux enseignants d’adapter leurs méthodes d’enseignement et de guider les apprentissages des élèves pour que les jeunes quittent le système avec un niveau de compétence optimal par rapport à leurs potentialités. Ceci demande de la part des enseignants un grand professionnalisme qu’il s’agit de développer en permanence. Le métier d’enseignant continue à changer : l’enseignant ne doit pas seulement transmettre du savoir, il est aussi pédagogue. Pour amener les élèves à faire des efforts et à se mobiliser pour apprendre, il faut créer à l’école une atmosphère  de travail et de confiance, qui demande la participation de tous. Voilà pourquoi le travail en équipe est essentiel : toutes les écoles doivent développer des stratégies et des projets pour instaurer un climat de convivialité et de soutien au travail et associer les parents des élèves. (…)

Partenariat avec les parents d’élèves

Le partenariat entre les écoles et les parents d’élèves est inscrit dans tous les textes sur l’école. Ce partenariat doit être vécu au quotidien dans l’intérêt des enfants et nécessite un engagement des deux parties et la volonté de collaborer, de s’échanger et d’être à l’écoute l’un de l’autre. Ce partenariat s’exerce tant au niveau individuel autour de l’enfant entre ses parents et ses enseignants, qu’au niveau institutionnel entre l’institution enseignante et l’organisation représentative des parents.
Pour permettre au partenariat de se développer au niveau national, le Gouvernement mettra à disposition des ressources et moyens nécessaires.

Consultez le programme complet ici

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